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Un premier élu québécois appuie Pierre Poilievre


Le souhait de neutralité du député conservateur québécois Pierre Paul-Hus aura été de courte durée. L’élu de la région de Québec appuie finalement Pierre Poilievre, dans la course à la chefferie de son parti. S’il dit partager les « convictions conservatrices » de l’aspirant chef, les deux hommes n’étaient toutefois pas du même avis lors de l’occupation du centre-ville d’Ottawa par un convoi de camionneurs que M. Paul-Hus avait vivement dénoncée cet hiver.

Dans une lettre ouverte jeudi, le député québécois argue à son tour, comme Pierre Poilievre le martèle depuis des semaines, que les Canadiens vivent à une époque « où le besoin de reprendre le contrôle de nos vies se fait de plus en plus sentir ». Pierre Paul-Hus estime, dans sa lettre publiée d’abord par le Journal de Montréal, qu’il faut avoir « l’audace de poser les actions nécessaires afin de reprendre le gouvernail du prochain gouvernement » et que son candidat favori est le mieux placé pour le faire.

En entrevue au Devoir, il explique avoir décidé d’abandonner son rôle au sein de l’exécutif national du Parti conservateur — qui le tenait à un devoir de réserve — et de prendre position dans la course pour démontrer que M. Poilievre, qui pourrait bien l’emporter, profite aussi d’appuis au Québec. Sept des dix députés québécois soutiennent la candidature de l’ancien premier ministre du Québec, Jean Charest. Bien que les sénateurs québécois Leo Housakos et Claude Carignan codirigent la campagne de M. Poilievre, aucun élu du Québec ne lui avait encore offert son appui.

À lire: la lettre ouverte de Pierre Paul-Hus

« Il a le profil qui me plaît, comme conservateur du Québec », affirme M. Paul-Hus au sujet du candidat et député de la région d’Ottawa. « Et je trouvais qu’il avait besoin d’avoir quelqu’un du Québec qui l’appuie », explique-t-il, en citant l’importance de maintenir l’unité du parti suite à l’issue de la course à la chefferie qui se conclura le 10 septembre.

Pas au même diapason au sujet des camions

Pierre Paul-Hus avait fait les manchettes, début février, en étant l’un des premiers conservateurs à dénoncer publiquement l’occupation du centre-ville d’Ottawa par des camionneurs. « Je demande que l’on dégage les rues et que l’on cesse cette occupation contrôlée par des radicaux et des groupes anarchistes », avait-il gazouillé le 4 février, au terme de la première semaine d’une occupation qui en a duré trois avant qu’une importante intervention policière y mette fin.

Pierre Poilievre, en revanche, soutenait les camionneurs. Une semaine plus tard, le 11 février, il s’était dit « fier » d’eux, en entrevue avec un balado de Postmedia, et affirmait se tenir à leurs côtés.

M. Paul-Hus plaide aujourd’hui que l’aspirant chef endossait alors la contestation de la vaccination obligatoire par les camionneurs, qui venaient de se la voir imposer par le gouvernement fédéral, mais pas « le maintien de ce convoi ».

Pierre Poilievre a tenté de tenir le même discours, en point de presse sur un autre sujet jeudi matin. « J’étais pour ceux et celles qui manifestaient pour leur liberté et contre les vaccins obligatoires, en même temps je condamnais tout individu qui bloque de l’infrastructure essentielle, qui brise la loi ou qui se comporte mal », a-t-il plaidé. Il a refusé de préciser si l’enceinte parlementaire était une infrastructure essentielle, comme les postes frontaliers qui ont aussi été bloqués.

À l’époque, M. Poilievre s’était fait prendre en photo avec les camionneurs devant le Parlement et avait publié ces clichés sur son compte Twitter. Lors de ses rassemblements des dernières semaines, dans le cadre de sa campagne à la chefferie, Pierre Poilievre salue toujours les « héros » camionneurs et s’attire systématiquement certains des plus gros applaudissements de ses discours.

M. Paul-Hus s’apprêtait à endosser Jean Charest, le mois dernier, mais s’est ravisé lorsque le candidat a pris position contre la Loi sur la laïcité de l’État québécois et annoncé qu’il interviendrait en Cour suprême, s’il est élu premier ministre, pour s’y opposer. Le caucus québécois a toujours réclamé que le parti respecte cette loi québécoise. M. Paul-Hus est également mal à l’aise avec le travail de M. Charest, comme consultant dans le secteur privé, pour l’entreprise de télécommunications chinoise Huawei.

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