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[Critique] «No-no-yuri», Aki Shimazaki | Le Devoir


Éprouvée par un secret de famille depuis l’enfance, Kyôko, belle, cultivée et indépendante, n’a cure de se marier. La trentenaire, qui occupe un poste clé dans une société américaine de cosmétiques à Tokyo, voit bientôt ses convictions chamboulées par son nouveau supérieur hiérarchique : « La séparation de sa vie publique et privée m’impressionne, comme s’il avait en lui deux personnages. » Dans No-no-yuri (« lys des champs » en japonais), troisième volet du cycle incluant Suzuran (2020) et Sémi (2021), la Montréalaise d’adoption Aki Shimazaki expose avec une rare délicatesse les rapports de domination qui s’installent sournoisement au sein d’un couple, d’une famille ou d’une entreprise. Si la romancière laisse présager pour sa fière héroïne un destin idyllique, sa manière de la ramener en terrains connus fait monter graduellement la tension dans ce portrait nuancé d’une femme sans cesse en butte aux critiques. Aux lecteurs de choisir si Kyôko brisera ou pas le cycle de la masculinité toxique.  

No-no-yuri

★★★

Aki Shimazaki, Actes Sud, Arles, 2022, 174 pages

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