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«CODA» sacré meilleur film, six Oscar pour «Dune» et un coup d’éclat de Will Smith


Comme l’avaient anticipé les plus récents pronostics, c’est CODA, de Sian Heder, qui a remporté dimanche l’Oscar du meilleur film à la barbe de The Power of the Dog, de Jane Campion, longtemps donné favori. Remake « feel good » du succès français La famille Bélier, CODA conte les tribulations d’une jeune fille qui est la seule dotée d’ouïe dans sa famille. C’est la première fois que l’Académie des arts et des sciences du cinéma récompense de la sorte une production mettant en vedette une distribution majoritairement sourde. Autre page d’histoire : Jane Campion est devenue la première réalisatrice à remporter un deuxième Oscar pour la meilleure réalisation. Dune, de Denis Villeneuve, est quant à lui reparti avec le plus grand nombre d’Oscar, soit six. Toutefois, ce dont on risque surtout de se souvenir de cette 94e cérémonie, c’est que Will Smith est monté sur scène pour frapper Chris Rock au visage.

Lors de sa présentation, ce dernier a plaisanté aux dépens de quelques célébrités assises au parterre, dont Jada Pinkett Smith, la conjointe de Will Smith, qui arborait un magnifique crâne rasé (l’actrice a révélé en 2021 souffrir d’alopécie). « J’ai hâte de te voir dans G.I. Jane 2, Jada », a lancé Chris Rock. Ce qui a — littéralement — fait bondir Will Smith. Après l’avoir frappé, Will Smith a longuement invectivé, depuis sa place, un Chris Rock visiblement stupéfait. Ému aux larmes, Will Smith a par la suite remporté plus tard l’Oscar du meilleur acteur pour King Richard, où il incarne le père de Venus et Serena Williams.

La soirée avait pourtant plutôt bien débuté, sur une fabuleuse performance musicale de Beyoncé. Les co-animatrices Regina Hall, Amy Schumer et Wanda Sykes ont ensuite offert un numéro d’ouverture aux gags tantôt drôles, tantôt laborieux. Le « gay, gay, gay !!! » servi en chœur au gouverneur de la Floride a galvanisé la salle. Puis, un second numéro d’ouverture (!) a vu Amy Schumer servir un très comique bien-cuit à l’assistance, plaisantant qu’elle n’avait vu aucun des films en lice : un écho satirique à une triste réalité. Franc moment d’hilarité, peu après, lorsque Regina Hall est venue parodier les protocoles sanitaires en se proposant de tester en coulisse quelques beaux acteurs choisis.

Dans l’ensemble, les trois animatrices ont fait du beau boulot, trouvant le bon dosage entre l’humoristique, le politique et le social.

Conforme à la tradition

La cérémonie fut en l’occurrence fertile en moments touchants, comme le vibrant discours d’Ariana DeBose en recevant l’Oscar de la meilleure actrice de soutien pour West Side Story. Avec émotion, elle a évoqué son appartenance aux communautés latinos et LGBTQ, et combien un tel prix prouve qu’il est un lieu — le cinéma — où tous les gens issus des diverses marges peuvent se sentir à leur place. L’enjeu LGBTQ est revenu souvent, notamment quand Jessica Chastain, en gagnant l’Oscar de la meilleure actrice pour The Eyes of Tammy Faye, a à son tour dénoncé les politiciens friands de lois homophobes « qui cherchent à nous diviser ».

Impossible, par ailleurs, de ne pas avoir le frisson lorsque Troy Kotsur est allé cueillir l’Oscar du meilleur acteur de soutien pour CODA. L’une des voix originales du film d’animation Encanto, l’acteur et humoriste John Leguizamo a de son côté rappelé les origines mexicaines d’Oscar, la statuette dorée, qui aurait jadis été modelée à l’image d’Emilio Fernández, jeune acteur qui devint ensuite réalisateur et producteur.

Autre temps fort : cette sobre minute de silence pour l’Ukraine accompagnée d’un message invitant à donner pour la population assiégée. Après avoir, heureusement, écarté l’idée de faire intervenir le président ukrainien Volodymyr Zelensky, l’Académie a fait le bon choix. Flanqué de Robert De Niro et Al Pacino pour fêter les 50 ans de son chef-d’œuvre The Godfather, Francis Ford Coppola a lancé « Viva Ukraine ! ».

Pour le reste, le format de la cérémonie est peu ou prou demeuré conforme à l’auguste tradition, avec ses présentations d’inégales tenues, ses longueurs et malaises intermittents, ses numéros musicaux qu’on aime ou dont on se passerait, au goût…

Pour qui apprécie la cérémonie de longue date, vices et vertus inclus, celle-ci dégageait un côté « à l’ancienne » presque réconfortant. Même le coup d’éclat de Will Smith est venu fournir ce petit supplément de scandale qu’on se remémorera longtemps.

Liste complète des lauréates et lauréats

 

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